Manifestation lycéenne à Bordeaux, le 8 octobre 2026 ( AFP / Christophe ARCHAMBAULT )
Voici les derniers développements jeudi du mouvement des lycéens parti mi-septembre de la région parisienne avant de s'étendre en France.
Après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenté mercredi soir de calmer le jeu en s'adressant aux lycéens depuis Matignon, lycéens et étudiants sont appelés à une nouvelle journée de mobilisation ce jeudi et doivent être reçus dans l'après-midi par les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, réclamant des mesures concrètes.
Nouvelle journée d'action, les représentants lycéens et étudiants vont être reçus par Geffray et Baptiste
Deux jours après une forte mobilisation pour demander plus de moyens, lycéens et étudiants déplorent toujours le manque de mesures concrètes malgré les tentatives d'apaisement du gouvernement, et sont appelés à une nouvelle journée de mobilisation.
Alors qu'elles demandaient une entrevue avec le Premier ministre, les trois principales organisations lycéennes, l'Union syndicale lycéenne (USL), Renouveau Lycéen et Lycéens!, doivent être reçues à 15H00 au ministère de l'Éducation nationale par le ministre Édouard Geffray et son homologue de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste.
Des manifestations ont lieu dans la capitale, notamment devant l'université d'Assas, et dans plusieurs autres grandes villes (Marseille, Caen, Rennes notamment).
Les cours reprennent mais des blocages subsistent avant des manifestations cet après-midi
Les cours ont été "totalement ou partiellement suspendus" dans la matinée dans 375 établissements scolaires sur les 3.700 établissements que compte le pays, selon les chiffres prévisionnels du ministère de l'Education jeudi matin. Mais à la mi-journée, "environ 96% des établissements" étaient ouverts et 157 lycées (sur 3.700) fermés.
Geffray va présenter un "plan d'urgence" sur les remplacements d'ici "quelques heures ou quelques jours"
Le ministre de l'Education Edouard Geffray a indiqué en milieu de journée qu'il présenterait un "plan d'urgence" d'ici "quelques heures ou quelques jours" sur la question du non-remplacement d'enseignants absents, une des préoccupations exprimées par les lycéens mobilisés.
Sur le remplacement des enseignants, "on a un plan d'urgence, dont j'aurai l'occasion de détailler des données précises d'ici probablement quelques heures ou quelques jours", a-t-il déclaré à la presse à Reims, après y avoir rencontré des élèves du lycée professionnel Raymond Kopa.
Face aux lycéens, la police n'a "pas un armement disproportionné", selon Maud Bregeon
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a maintenu jeudi que la police n'avait "pas un armement disproportionné" face au mouvement lycéen et que les jeunes n'étaient "pas en danger" face aux forces de l'ordre, alors que les critiques se multiplient sur la gestion sécuritaire du conflit par le gouvernement.
"Non, on n'a pas un armement disproportionné en France", a martelé la ministre sur franceinfo, soutenant que "les policiers lorsqu'ils sont face à un lycée avec un blocage, font la part des choses" et agissent avec "proportionnalité" et "discernement".
"Pas d'instruction" aux forces de l'ordre pour affronter les lycéens, assure Lecornu
Les forces de l'ordre "n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens", a assuré Sébastien Lecornu mercredi soir lors d'une allocution prononcée depuis Matignon.
"La colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu'ils expriment", a déclaré le Premier ministre, qui a réaffirmé que "les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d'octobre" afin de répondre à la crise.
Il a par ailleurs déclaré que "les temps de dialogue engagé" se poursuivraient à partir de jeudi "dans chaque lycée et jusqu'à la semaine prochaine" et que la plateforme de dialogue ouverte par le ministère de l’Éducation avait déjà recueilli plus de 40.000 contributions.
Lycéen blessé à la tête à Marseille: enquête ouverte pour "violences volontaires"
Une enquête a été ouverte pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique et avec arme" après qu'un adolescent de 17 ans a été blessé à la tête, apparemment par un coup de matraque lors d'un rassemblement mercredi devant un lycée de Marseille.
L'enquête a été confiée à l'inspection générale de la police nationale après la diffusion sur les réseaux sociaux et des sites de médias d'images montrant un policier frapper à la tête un jeune homme avec sa matraque.
Nuñez défend sa gestion du maintien de l'ordre
Des CRS aux prises avec de jeunes manifestants devant le lycée parisien Hélène-Boucher bloqué, le 8 octobre 2026 ( AFP / SIMON WOHLFAHRT )
Le ministre de l'Intérieur a défendu pied à pied sa gestion du maintien de l'ordre dans le cadre du mouvement des lycéens, rejetant tout changement de doctrine, devant l'Assemblée nationale.
Face aux députés de la commission des Lois, Laurent Nuñez n'a concédé aucune erreur stratégique, jugeant notamment "excessif de parler de répression policière".
Le préfet de police de Paris dément avoir menacé d'"encore plus d'amputations"
Le préfet de police de Paris Patrice Faure a démenti auprès de l'AFP avoir tenu des propos sur la répression du mouvement lycéen incrustés dans des vidéos diffusées sur le réseau social TikTok et menaçant "d'encore plus d'amputations".
"Cette manipulation est inacceptable. Ceux qui fabriquent de tels contenus, comme ceux qui les diffusent, devront en répondre", menace-t-il, annonçant avoir "saisi la justice et engagé les poursuites nécessaires".

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